Le Parc Monceau

9 mai 2026

Par une belle matinée ensoleillée, nous retrouvons au métro Ternes, une quinzaine d'étudiants et trois animatrices, pour écouter Catherine, notre nouveau guide de l'ARC. Nous expérimentons les tout nouveaux audiophones devenus indispensables dans le brouhaha parisien.

 

            

Rue Daru se situe la cathédrale Alexandre Nevsky, une église construite et financée par le tsar Alexandre II, et par les dons des fidèles de tradition chrétienne : othodoxes, protestants et catholiques. Élevée au rang de cathédrale, elle est très fréquentée et vivante. Le culte est célébré en slavon, nous en goûtons la beauté en entrant discrètement : des chants magnifiques s'élèvent, nous mettant hors du temps et de l'espace parisien.

 

                    

Puis, Rue de Vigny, les Parisiens ont vu s’élever peu à peu une statue immense, cadeau de la France aux Etats-Unis pour commémorer le centenaire de la guerre d’Indépendance américaine, et rappeler la présence française aux côtés des insurgés. La statue a été imaginée par le sculpteur Bartholdi et fabriquée rue Chazelles, en face de l’endroit où nous nous tenons. Elle fut transportée en pièces détachées, remontée à New-York et inaugurée en 1886, avec dix ans de retard, mais avec quel succès !


               

En poursuivant le long de la même rue, nous nous arrêtons au n° 10, devant un immeuble discret légèrement en retrait, construit pour Émile Péreire. C'est le moment d'évoquer cette famille de banquiers entrepreneurs, qui ont aidé par leurs investissements à soutenir les grands projets de transformation de Paris sous l'impulsion du baron Haussmann. Nous leur devons le parc Monceau.

 

               

Devant le n° 8, par chance, la porte s’entr’ouvre : nous pouvons nous glisser dans cette cour au style étonnant qui mélange le haut Moyen-Âge et le début de la Renaissance. C'est un hôtel de la famille Menier, dont nous reparlerons dans le parc. Une des façades en colombages abrite une école internationale privée de musique. Plus classique, la façade en pierres blanches héberge de grands couturiers ou parfumeurs.

 

     

Et nous arrivons devant l'entrée du parc Monceau : ses grilles remarquables ont été dessinées par Davioud, génial et infatigable architecte et créateur de mobilier urbain qui embellit la ville et donne du confort à ses habitants.



           
Nous voici devant l’hôtel Menier. Au début du XIXe siècle, Jean Menier était un pharmacien qui fabriquait et vendait des médicaments. Il a l'idée d'envelopper ses pilules d'une fine couche de chocolat pour en atténuer l'amertume : c'est le début de la forune ! Son fils abandonne la pharmacie pour se concentrer sur la fabrication du chocolat dont l'usage se répand très vite dans le domaine culinaire. Ses petits-fils continuent cette affaire et la développent, bâtissant ainsi une fortune colossale dont l’hôtel devant nous est le symbole.

 

           

Le parc Monceau est un jardin à l’anglaise, qui s’inscrit contre l’excès de symétrie et de l’ordre imposé par les jardins à la française. C’est le triomphe du romantisme, de l’importance des émotions par rapport à la raison, de la ligne courbe sur la ligne droite. Venue d'Angleterre, la mode des jardins à perspective brisée mais poétique s'impose. Ce parc est peuplé de statues dont on ne sait pas très bien les sentiments qu'elles évoquent. C'est le temps du ''sombre plaisir d'un coeur mélancolique", à une époque où l'on meurt de maladies encore inguérissables.

 

                

Chopin en est l’exemple parfait : que pleure la jeune femme ? La mort d’un artiste jeune et génial, ou la mélancolie de sa musique ? Quant à Maupassant dont la lectrice est assise à ses pieds, à quelle douloureuse réflexion se livre-t-elle après avoir lu "Bel Ami" ?

       

Évocation du duc de Chartres, qui possédait des terres sur ‘‘la plaine Monceau’’ et les utilisa pour construire et faire aménager ‘’une folie’’. Laissé à l’abandon, le terrain est racheté par les frères Pereire qui lancent le réaménagement d’un parc planté d’arbres magnifiques. Et la création de lots tout autour, où de riches banquiers, industriels, investisseurs, collectionneurs vont bâtir leurs demeures somptueuses qui ont un accès direct sur le parc. Nassim de Camondo, Jacquemart-André, Guimet, Gaillard ont construit leurs hôtels pour abriter leurs collections, les mettre en valeur dans un écrin somptueux.

 

Cernushi, riche banquier attiré par les grands voyages à la fin du 19e siècle, rapporta plus de 5000 objets d'art asiatique pour lesquels il fit construire cet hôtel qu'il légua à la France, qui en a fait un musée gratuit.

 

         

Ouvert au public chaque jour, ce parc est un enchantement pour les Parisiens, pour la beauté de ses arbres, son charme, ses traces de curiosités telles que la pyramide et la lanterne japonaise.

 

 

Et c'est déjà la fin de cette promenade romantique. Nous nous séparons devant la rotonde du lac. Un grand merci à Catherine pour cette grande première très réussie .

Merci à Marie-Françoise pour ses photos